Les Étangs – écrit par Corinne

1950 – Un petit hameau de province, paisible, près des étangs, envahi d’un champ de coquelicots rouge sang. Un printemps rouge vif, un filet de rivière s’écoulant le long d’une vigne multicolore.

Une barque qui flotte le long d’une digue un peu encombrée de roseaux écrasés au fond de la rivière et entremêlés d’un amas de détritus inhabituel en cette saison. Puis, un cri perçant et un grand plouf, c’est le soir et pas âmes qui vivent pour s’inquiéter de ce bruit effroyable n’émanant pas d’un animal connu en cette région.

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DIFFÉRENCES… Une fable écrite par Marlyne

Dans la forêt de Fatagua, vivait un loup. Mais ce loup n’était pas comme les autres. il faisait la fierté des villageois.

Il était grand,très grand, avec une magnifique fourrure brune qui brillait au soleil. Les gens aimaient leur loup. ils l’appelait “Beau”.
“Beau, Beau” criaient les enfants, et Beau arrivait à la lisière du bois. Ils lui donnaient son bol de purée ou de soupe à la viande, tout en caressant son doux pelage, car Beau était sans doute le loup le plus gentil au monde.

Il était aimé car Beau n’avait aucune dent.

Non loin de là dans une autre forêt du nom de Fatagui vivait une louve. Une louve pas comme les autres. Les villageois ne l’aimaient pas. Ils la trouvaient très laide. Lire la suite

La tragédie des enfants sorciers.


A toutes les époques, le monde a démontré sa barbarie. Heureusement, dans toutes les nations, des hommes et des femmes de bonne volonté se battent afin que l’humanité qui existe au fond de chacun(e) de nous triomphe. Lourd combat  jamais totalement gagné, toujours en cours mais indispensable à la survie de la race humaine.

au Congo – Kinshasa compte plus de 10 millions d’habitants dont plus de 30 mille enfants dans les rues.
Certains de ces enfants sont accusés de sorcellerie.

Dans des sectes particulières  “des religieux” arrivent à convaincre les familles pauvres mais aussi plus aisées que leurs malheurs (perte d’emploi, décès d’un parent, stérilité…) proviennent de l’existence d’un de leurs enfants (dès 2 – 3ans).

L’enfant devient alors le bouc émissaire de la famille qui lui fait subir des sévices et des actes de barbarie inimaginables : mutilations, sévices corporels d’une extrême cruauté.
Comme toutes les victimes, ces enfants  finissent par croire qu’ils sont véritablement responsables des malheurs de leurs familles et s’accusent d’être des “enfants sorciers”.

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On vous souhaite une très belle année…

Chaque début d’année on se souhaite une bonne et heureuse année. Secrètement chacun  espère que la sienne sera épatante, avec en ligne de mire : l’amour, l’amitié, le bonheur, la santé, la chance et… des euros . Du rêve ? Peut-être, mais sans nos rêves qui serions-nous ? Nos rêves nous accompagnent, nous entrainent vers des chemins de découvertes, vers le changement parfois, mais surtout vers la vie.

Alors c’est dit : cette année nos rêves seront somptueux, grandioses, fous. Nous rêverons sans limite. Tout est possible.

N’oublions pas que chacun, chacune d’entre nous est un être unique au monde. Comme nous il n’en n’existe pas deux.  C’est extraordinaire. Chacune de nos vies ne ressemble à aucune autre, chacune de nos vies est exceptionnelle. Quand on s’arrête un peu pour réfléchir à cette fabuleuse condition, comment se fait-il qu’on soit aussi morose ? Car enfin c’est faramineux d’être unique !

Aussi en ce début d’année 2012, nous  souhaitons à toutes et à tous une année formidable. N’écoutons pas les oiseaux de mauvaise augure qui prédisent la fin de notre monde. Ils veulent seulement s’enrichir financièrement de nos peurs, de nos craintes, alors que notre courage, notre volonté, nos dons uniques nous permettrons de semer sur notre route des bonheurs, des joies, des rires, des amours, des chances.

Parce que nous croyons en nous, nous sommes capables de mettre en marche des événements superbes, alors on  souhaite  pour tous une année magique, une année où nous seront heureux de vivre ensemble, heureux de créer, de bouger, de changer, heureux de vivre pleinement chaque instant qui se présente quel qu’il soit.

Notre vie sera ce que nous décidons d’en faire. Personne ne peut décider pour nous, nous sommes uniques, l’avenir nous appartient.

BELLE ET JOYEUSE ANNÉE 2012

Les Plumes de Melgueil – 26 décembre 2011

Ce  texte est mis  à disposition sous un contrat Creative Commons.

UN NOËL EXTRAORDINAIRE – texte de Corinne

Malgré mon grand âge, 90 ans tout de même, une bonne santé, enfin c’est moi qui le dit, mon médecin me dit condamnée par une tumeur au cerveau, et estime ma durée de vie  assez brève, environ un mois, pas plus. Je pense avoir fait mon temps sur cette terre et  j’ai bien réfléchi à utiliser ma courte destinée finale de manière honorable et joyeuse.
Ne soyez pas triste,  je vais vivre le meilleur Noël que j’ai jamais eu, depuis des décennies.
Je suis actuellement sur un bateau de croisière qui m’emmène vers les îles Caraïbes.

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Étonnant : Les sculptures humaines créées avec des livres


La mort annoncée des livres inspire Nick Georgiou qui réalise des sculptures et compose des tableaux avec de vieux livres et de vieux journaux locaux.  Actuellement il présente une vaste  exposition à Tucson en Arizona.
Cet artiste également photographe, propose ainsi des créations fascinantes, parfois d’un cruel réalisme . Chapeau l’artiste !

A voir  sur le blog : Olybop info actus

ou  sur le blog de Nick Georgiou 

Autrefois… – un texte de Marlyne

Je me souviens de mes beaux cheveux blonds remplis de bouclettes, de mes longues jambes, de ma superbe robe de mariée et de son voile en dentelle.

Ô que j’étais belle !    30 ans déjà !

Aujourd’hui il pleut. Je suis blottie dans un coin de la chambre de Lola. J’ai perdu ma robe et mes chaussures depuis bien longtemps. Hier elle m’a arraché la jambe, le chat de la famille a joué avec plantant ses petites dents dedans. Mes copines sont dans un pire état : une a perdu sa tête et l’autre ses bras, barbouillée de feutre.

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Le Déserteur – texte de Viya

Vêtus de noir les membres du trio regardent. Ils portent des lunettes noires.

  • - Manifestations gratuites dit le passant.
    - Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Demande le plus jeune .
    - Vos mines incertaines répond le promeneur qui rajoute : vous pourriez être les héros d’un conte en hiver.

C’est alors qu’un air de jazz se fait entendre.

- Qui est ce trompettiste ?
- C’est Boris.
- Boris ?
- Boris, le seul, l’unique c’est Boris Vian.

Il ne faut pas mégoter sur le déserteur. On se tait : on l’écoute sans se priver. On écoute ses mots, on entend sa musique. On le regarde vivre avec sa formidable énergie. Énergie qui le brûle, énergie qui le sublime.

Mais le déserteur est déjà parti, il a suivi trop tôt celles qui l’attendent au bout du chemin pour le conduire là d’où l’on ne revient pas.  

Viya – novembre 2011

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

RETOUR

Bonjour, nous ça va, et vous ?

On s’est quelque peu absenté ces derniers mois, sans raison apparente, juste pour marquer une pause et prendre le temps de faire autre chose.

Aujourd’hui les Plumes de Melgueil reprennent le chemin de l’atelier d’écriture. Envie de vous revoir, de venir vous conter nos petites histoires, envie d’être là avec vous pour sourire, se distraire, avec légèreté évoquer parfois des événements graves, mais surtout pour l’amitié et un regard différent posé sur notre monde.

On espère que vous ne vous laissez pas polluer par la morosité ambiante, par les incantations des oiseaux de malheur qui, avec avidité, cruauté, et perversité, nous prédisent des lendemains apocalyptiques !!! Ciel ! qu’ils sont bêtes et méchants. On vaut mieux que ça.

Alors même si tout n’est pas facile, n’en rajoutons pas, soyons heureux de ce que nous avons. Prenons le temps de rire, prenons le temps de rêver, bref prenons le temps de vivre.

Les plumes de Melgueil

By Viya Posted in 16085

Lettre à Théodore – un texte de Viya

Bonjour Théodore.

Vous ne me connaissez pas et moi non plus. Alors pourquoi, me direz-vous ai-je pris la liberté de vous écrire si rien ne nous rattache l’un à l’autre ?

Je précise : cette lettre est unique. Je vois votre perplexité. Qui suis-je ? A dire vrai, je ne le sais pas moi-même. Des années que je cherche, et la question reste sans réponse.

Mais parlons de vous Théodore :  élégant, plutôt bel homme, portant bien la quarantaine, sportif et, ce qui ne gâte rien, une belle situation, une très jolie femme et deux adorables bambins.

Vous voyez je suis bien renseignée. Tout pour être heureux. Mais heureux l’êtes-vous vraiment Théodore ? Peut-être que oui après tout. Certains hommes possèdent la désarmante capacité d’effacer avec insouciance leur passé. Etes-vous de ceux-là ?

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La Forêt 2 – suite du conte La Forêt écrit par Corinne

Rien ne peut changer ce qui est inscrit dans les entrailles de la mère Terre, reine de la forêt, du monde, et de tout ce qui y réside. La rencontre était une évidence, lorsque la jeune fille plongea son regard dans ce ruisseau, elle vit au fond de l’eau une apparition bien singulière, et équivoque, un homme très élégant portant couronne, et toison d’or, un roi semble t-il ? Juché sur un cheval magnifique tout blanc courant vers la vallée poursuivit par d’horribles monstres.

Que signifiait pour elle cette prophétie ? Eléonore, si frêle, si jeune, si fragile, sortie de ce monastère isolé et loin de tout tracas extérieur. Elle n’avait eu que ses nonnes comme référence au monde, et ici son seul confident était un vieil arbre qui parle. Un destin plutôt ubuesque et pathétique, où les souvenirs s’emballent et se mélangent à la fois.

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Métro de nuit – un texte de Corinne

La première fois j’ai essayé avec les aiguilles à tricoter, l’air de rien, c’est facile à transporter, et nul ne pourrait penser à la dangerosité de l’objet.

La nuit il n’y a pas un chat, sauf de mauvais matoux. C’est eux que je recherche, que je traque. Je traîne ma misère le long de ces corridors.

Le métro, le soir, ses odeurs de vieux vins, d’urine le long des murs, ces hommes qui tendent la main, c’est pas eux les rôdeurs.

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Comédienne ! – un texte de Viya

Dans l’absolu elle était comédienne, mais dans la réalité elle était plutôt allumée.

C’est vrai quoi ! Avec tous ces rôles dont elle était l’héroïne, son moi s’égarait parfois dans les méandres des passions et des sentiments tirés de ses textes appris par coeur et vécus parfois dans la douleur.

Aujourd’hui elle pouvait déclamer, réciter, dire que la fureur d’être la ravageait. Avec des larmes dans la voix, elle évoquait ce fameux baiser donné au lépreux par une nuit d’angoisse, ce qui faisait pleurer son auditoire.Tragédienne !

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1960 – Sur une plage à Alger – Texte de Dréa

Bleu, blond, ambre et argent étoilé… aller-retour de vaguelettes doux friselis d’une fraîcheur mousseuse. Murmure du va-et-vient anéanti par ces gosses rieurs, braillards, tapageurs, par cette jeunesse couleur pain d’épices et pleine de vigueur. Course-poursuite, cerf-volant, voiles au large et volley de plage !

Justement Nadine et quelques camarades s’y essaient avec des adversaires qu’elles viennent de rencontrer : équipe féminine, équipe masculine ; déséquilibre dans la taille, dans la force –pas drôle du tout- Recomposition d’équipes mixtes –c’est plus juste- Une passe trop puissante envoie le ballon à l’eau : plouf, ploc, plaf, tous à sa poursuite, jets d’eau, aspersion, cris, bousculade et la partie se transforme en Lire la suite

ELLE – un texte de Marlyne

Je sors en silence, referme la porte d’entrée derrière moi doucement. Je la regarde. Combien de fois l’ai-je refermée en 25 ans ? Des centaines de fois, des milliers ! Le temps a filé comme une bougie que l’on souffle. Brusquement elle s’ouvre de nouveau avec colère et elle crie, pourquoi ?

Mon regard se pose sur cet homme planté, là, devant la porte qu’il vient de claquer avec rage. J’ai une pensée pour elle, car à l’avenir elle sera sans doute maltraitée de la sorte régulièrement en attendant que l’orage s’estompe avec le temps. Il est encore beau, quelques rides sillonnant le coin de ses yeux où flotte une incompréhension, un désespoir, une rancune.

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Le Bonzaï – texte de Corinne

Je m’accroche à cette branche, je glisse, mes mains se crispent, mon cœur bat si fort que je l’entends tel le son du gong de ce temple.

Comment j’ai pu me mettre dans une situation pareille, mes pieds s’accrochent le long de la paroi, fragile, j’entends les bruits des morceaux qui s’effritent un à un. Je ne veux pas tomber, je me concentre, des cris, des hommes, des femmes, qui tombent, je n’ose regarder.

Depuis combien de temps je suis là, à me raccrocher à cette unique branche. Mes mains saignent, mais je ne veux pas lâcher, sinon c’en est fini de moi.

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La Parole, les Mots… un texte de Viya

Personne ne me connaît dans cette ville. Pourtant, j’y suis arrivé il y a très longtemps. Oui très très longtemps. A cette époque nous étions heureux : la ville, les gens, les animaux, les plantes, tout était harmonie, et nos vies s’écoulaient longuement.

Etrangers les mots, inconnus les mots, ils ne faisaient pas partie de nos vies. Nous apprenions très tôt à maitriser nos talents psychiques, à communiquer sans les mots. Un toucher mental, pareil à un zéphir pour dire “je suis là”.

On se comprenait sans le filtre de la parole. On s’aimait sans peur. Chacun lié à l’autre par un lien qu’on croyait immortel, le lien qui cimentait la race humaine. L’amour protégeait nos relations, pas de haine, mais un immense bonheur de vivre ensemble.

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